TRANSMEDIA 2OO2
FIFTEEN SECONDS OF FAME

10.24 - 11.15, 02
Isabella & Yonge Street
Toronto, Canada


Doing it in Public (Le faire en public)
Art vidéo sur écrans extérieurs


Le parcours qui traverse le centre de la ville est parsemé de logos, de slogans et de quelques mots provenant d’un commanditaire. Les habitants de la ville sont des cibles en mouvement dans une culture visuelle sursaturée où le flux des placements de produits commence à se mouvoir aussi. L’installation d’un énorme panneau rotatif à l’arrière d’un camion en déplacement ou la répartition de groupes d’adeptes du patin à roues alignées arborant sur leur dos des publicités telles des nageoires n’est qu’une mesure nécessaire dans la guerre de l’information.

Le panneau de projection vidéo est sans doute la méthode la plus frappante pour communiquer des messages collectifs. Des rectangles de couleur lumineux et imposants qui s’accrochent aux édifices comme des anatifes aux reflets chatoyants. Tel que l’indique une publication de l’industrie, ces écrans publics « permettent aux annonceurs de communiquer un message précis à un moment précis et à un auditoire précis » 1. Du bureau central, il est possible de modifier le contenu des écrans d’une simple pression d’un bouton.

Dans un détournement de l’espace représentationnel du panneau vidéo, douze artistes affichent leurs visions entre les publicités. L’objectif du 15 Seconds of Fame de Transmedia 2002 est justement d’allouer à un artiste une période de 15 secondes pour renverser, imiter cette forme publique ou s’y conformer. L’occupation d’un espace qui est, de par sa nature, interstitiel confère aux pièces une fragilité poignante. Comme si elles dérivaient sur un cours d’eau, ces œuvres s’éloignent les unes des autres et perdent ainsi quelque peu de l’aspect de conservation. Toutefois, le nouveau contexte présenté par l’occupation d’un espace interstitiel oblige à analyser de nouveau ces travaux : de quelle manière contribuent-ils à la culture dans laquelle ils sont intégrés?

Michelle Kasprzak, 10.02

1) http://www.signindustry.com/led












Year Zero One reconnaît avec reconnaissance nos supporters qui a fait TRANSMEDIA 2002 possible

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
AMBER - Ricardo Rendon, Mexique

L’idée d’un corps virtuel, le produit parfait de l’ère post-industrielle. Comme toute autre information électronique, ce corps vous garantit une entière satisfaction. Des milliers d’images pornographiques présentent ce type de corps, produit à peu de frais et facilement distribué. La pornographie virtuelle est exempte d’infection et ne présente aucun risque physique et émotif. Nulle possibilité de contact physique autre que le clavier ou le clique de la souris. La pornographie virtuelle est un exercice intime d’introspection et d’imagination fantastique. Tout ce que nous sauvegardons sur nos disques durs représente à coup sûr une image de nous-mêmes.

BUS STOP - Maris Mezulis, Canada

Combien de temps ce salarié attendra-t-il l’autobus?

CELEBRITOY - Alistair Gentry, Royaume-Uni

Celebritoy évoque la prochaine étape logique (ou illogique) de l’industrie de la publicité. Il s’agit de l’annonce d’un produit qui existe mais qu’on ne peut acheter directement..

15 SECOND BLOWJOB - Michael Alstad, Canada

Andy Warhol a créé le très séminal film Blow Job en 1964, année de ma naissance. Il a prolongé le cours des œuvres silencieuses de sa jeunesse en les projetant à un rythme plus lent que la projection originale (16 images par seconde au lieu de 24). Pour Transmedia 2002, j’ai dû augmenter un peu la cadence; Blow Job, d’une durée de 35 minutes, se résume à 15 secondes, soit l’instant d’une tranche publicitaire normale d’un panneau de projection vidéo.

THE HUB - Jason Bader, USA

The Hub est une œuvre vidéo métaphorique qui s’inspire de l’idée du fonctionnement d’un carrefour dans un environnement de réseaux au fonctionnement d’une intersection dans un contexte physique. Cette présentation, d’une durée de 15 secondes, est la deuxième version de son travail qui durait à l’origine trois minutes. Les images saisies dans ce travail sont celles d’une des intersections les plus achalandées de Los Angeles et de l’Amérique. La vidéo présente l’activité de Los Angeles (ou l’absence de celle-ci) à 4 h 15 le matin. On présente ensuite au spectateur une vue rapide de cette intersection à cinq moments différents de la journée pour illustrer l’énorme contraste de l’activité qui s’y déroule..

LIVE IN INFAMY - Jillian McDonald, Canada

Un an après l’attaque contre le WTC, on a braqué les projecteurs sur les fêtes commémoratives officielles : les dirigeants des réseaux de télévision ont promis d’utiliser avec circonspection ces images inquiétantes, déjà gravées dans la mémoire collective. Ce détail des tours qui s’écroulent, que j’ai vues sans même quitter mon arrière-cour de Brooklyn, est couvert de coquelicots, vivantes commémorations à la fois fragiles, éphémères et intenses.

LIPSERVICE - David Jhave Johnston, Canada
Toute vie humaine naît d’un océan mystérieux d’énergie tourbillonnante, immergé dans un temps si vaste que cela dépasse l’entendement, tandis que nos identités multiples continuent de batifoler, exigeant une reconnaissance immédiate, de l’amour partagé et un désir réciproque. Lipservice est consacré aux paradoxes de la gloire et de la famine qui coexistent en un seul être.

MISS CANADIANA - Camille Turner, Canada

Cette vidéo résume les faits saillants du prestigieux concours « Miss Canadiana Pageant » qui offre la chance à une jeune fille du Canada de se présenter publiquement à l’échelle du pays et sur la scène internationale afin de promouvoir la culture canadienne. Qui sera-t-elle?

NOTE TO SELF - Michelle Kasprzak, Canada
Note to Self est une illustration fantastique de l’intégration de réflexions personnelles dans un espace public. Imaginez que vous ayez la capacité de vous transmettre des avertissements, des messages et des rappels grâce au paysage de la ville. Si la ville était un espace ainsi « programmable », cette personnalisation de l’environnement public serait à la fois utilitaire et amusante..

PARTHENOGENESIS - Marina Zurkow, États-Unis
Rumi demande : « Qu’est-ce qu’un coeur? Ce n’est pas humain et ce n’est pas imaginaire. » Parthenogenesis est un nano-opéra animé et allégorique. Il utilise un vocabulaire d’icônes pictographiques et en mutation pour raconter ce qu’est la solitude, la douleur et le renouveau. Cette œuvre a été réalisée à la suite des événements du 11 septembre dans l’espoir que de la douleur naisse la compassion.

PLAISANCE - Isabelle Hayeur, Canada
Le temps semble suspendu au-dessus de ce quartier paisible de la ville de Chicoutimi (Quebec) Dans ce monde tranquille, tout le monde a sa petite place au soleil et sa < vue > sur la chute d'eau. Plaisance propose un regard critique sur un type d'amenagement rural assez repandu. Cette courte animation souleve de nombreuses questions quant la facon dont on habite et on investit le monde aujourd'hui. Les medias entretiennent notre gout pour le grandiose et le paysage-spectacle. On peut se faire une idee des choses lorsqu'on ne les voit qu'en plan rapproche. C'est pourquoi j'ai voulu montrer le hors-champ de cette carte postale.

SWEET OR SALTY (Madonna's Poor Days) - Ana Rewakowicz, Canada
Sweet or Salty (Madonna's Poor Days) fait allusion à l’établissement d’une identité culturelle dans l’univers du vedettariat. Dans ce travail, qui prend appui sur mes expériences personnelles et sur le fait d’avoir été comparée à Madonna, je me fais passer pour elle afin d’étudier comment l’image d’une vedette crée une envie et l’impression d’avoir des possibilités infinies. Le titre de la vidéo renvoie à une phrase dite par Madonna lors d’une entrevue dans laquelle elle décrivait ses années de vaches maigres à New York, alors qu’elle mangeait du maïs soufflé au déjeuner en visionnant des films. « La seule chose que je garde au frigo, c’est du maïs soufflé », a-t-elle déjà confié. Je me suis servie de cette phrase comme d’un exemple pertinent du rêve américain qui fait croire qu’on peut devenir qui l’on veut (une vedette) à partir de « rien ».